Il y a des jours comme ça où la vie passe devant comme les étincelles qui annoncent la migraine, et tu ne peux rien contre, sauf baisser la tête et espérer que les marteaux qui viennent - parce que tu sais qu'ils viendront - prendront pitié de ton cerveau et que les bleus qui restent après l'assaut s'oublieront vite. Entretemps, tu te promets de ne pas te pencher pour rien au monde, sinon ton crâne s'explosera.
Il y a des jours comme ça où tu regardes glisser la lumière sur la peau de banane ou la glace et tu te dis, ah, les pauvres, j'espère qu'elles n'auront pas trop mal en cognant contre le mur, car tu sais que le mur, lui, ne pardonne jamais rien, surtout ce qui bougent à cette vitesse.
Il y a des jours comme ça où le train rentre en gare sans crier gare et les passagers te piétinent à la descente car tu ne sais pas nager dans leur flot.
Il y a des jours comme ça où tu arrives quand même quand tu arrives à te ralentir un peu, même si la lumière ne peut pas.
Il y a des jours comme ça où la vie passe, inaperçue.

Tout cela semble très juste, vécu de chez vécu même. Un paradoxe : moi pour me ralentir, je vais courir !
RépondreSupprimer@ Joe : Merci, c'est vrai que j'ai profité des détails vécus pour la migraine ; le reste m'étonne, il s'est écrit tout seul, sans que j'y touche.
RépondreSupprimerMagnifique..
RépondreSupprimer"Il y a des jours comme ça où la vie passe, inaperçue."
Et ces jours là nous nageons à contre courant
en suivant de notre mieux..nos idées.
Lorsqu'on peut le dire et que " cela s'écrit tout seul" c'est qu'on est à nouveau dans le courant.
Essaie ceci, c'est un remède miracle !
RépondreSupprimerBien secouer la tête dans tous les sens. Le sac de billes que tu as dans le crâne n'y résiste pas et disparaît aussitôt. Imparable !
Même pas mal !
@ Lilou : merci beaucoup, c'est un grand compliment. ♥
RépondreSupprimer@ SklabeZ : Oups, tu n'as jamais eu de migraine ou tu ne dirais pas cela. Pour un ou deux jours après, on a vraiment l'impression d'avoir un bleu au cerveau ! Pas question de secouer la tête pour plusieurs jours après (cf où je parle de se pencher - impossible car trop douleureux).
Je sors du garage avec une épouvantable migraine. J'ai pris plein les yeux de cette lumière trop vive ; j'ai pris des odeurs plein le nez, du bruit plein les oreilles. Il va falloir qu'on me raccompagne. Ma vue commence à se brouiller. Les petites poupées devant moi deviennent floues. Je suis malade. Je sais que je n'aurai pas le temps de rentrer.
RépondreSupprimerMon crâne devient trop petit pour le sang qui y bat. Je sais que c'est une journée de perdue. Une journée à ne pas vivre, une journée volée à ma vie, une journée volée à mes enfants. Une journée à ne pas travailler, j'avais pourtant prévu de mignonnes poupées pour l'animation. Une journée à avoir mal à la tête, à ressentir tous mes muscles qui vont tétaniser les uns après les autres, à ne plus pouvoir parler. Une journée à me demander si je deviens folle et si je retrouverais l'usage de mon corps. Une journée de folie, de douleurs, de frustration, de désespoir.
Il me faut mon lit, il me faut du noir, il me faut dormir.
Et le jour où je me présenterai devant celui qui est aux cieux, avant qu'il ne me dise bonjour, je lui dirai : " pourquoi ?
j'avais écrit ca un jour pour un atelier d'écriture et ca aussi
J'ai volé mon âme à un clown,Joueur de tam-tam, fan de techno,Amateur de bête-rave.Il a enfermé ma tête Dans un vice sans fin,Un laminoir, une boîte noire.Mon oeil s'est kaléidoscopé,Mes mots se sont télescopés,Mes mains sont devenues gauchères.Mes muscles ont joué au tétanos,Les uns après autres, ils ont dansé.La nausée s'en est mêlée.Le clown-plante a étendu ses lianes.Dans tous les interstices, elles sont entrées.Mon corps a répondu aux abonnés absents,Mon esprit a lâché la barre au milieu de la tempête.J'ai éclaté en mille morceaux.Le clown a pris en contrepartie,Un petit bout de ma vie.Et si le clown prend la relève,Si le puzzle ne se reconstruit pas, Coupez-moi la tête.
parce que je connais aussi et parce que j'ai eu le malheur de transmettre ça à mes enfants surtout au plus jeune.
bisous
Les jours de migraines, ça nous prend à la tête et ça nous lâche plus. Impossible de rassembler ses idées et de faire quoi que ce soit. Oui, ces jours-là la vie passe inaperçue.
RépondreSupprimerL'histoire du sac de billes, c'était un clin d'œil pour essayer d'alléger ta douleur. Je sais que c'est terrible.
RépondreSupprimerUne dame qui travaille avec moi y est sujette. Quand ça lui arrive, elle est paralysée par la douleur et je me sens obligé de la ramener chez elle.
Comme Claire, elle dit :"Coupez-moi la tête !" C'est sûr que je n'aimerais pas être à sa (ta) place.
C'est vrai qu'on a de la chance, nous les hommes, nous n'avons que rarement, voire jamais, ce genre de problème.
J'ai de la chance, mais je compatis. :-)
bravo joye c'est une belle interprétation de cette photo j'aime bien ta description de la migraine et le lien que tu fais avec la photo
RépondreSupprimer@ Claire : Heureuse de te lire ! Je pensais que ton com' était une participation, elle est vraiment bonne !
RépondreSupprimer@ Anne-Ma : J'en ai eu trois dans ma vie. Des vraies. Je ne veux pas recommencer.
@ SklabeZ : Merci beaucoup et ne t'en fais pas, je suis impossiblement lente depuis quelques jours...c'est sans doute mon métabolisme qui me conseille d'hiberner... ;-)
@ zig : Merci beaucoup !!
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