En ce temps-là, tout allait de travers et certains disaient même que la terre ne tournait plus rond.
"On est cuits" avait prédit le vieil Itzhak en lançant cette idée folle que "si tous tiraient dans la même direction, le monde basculerait... et tous nos problèmes en même temps".
Le roi du monde - anarchiste notoire - décréta qu'on ne risquait rien à essayer, que ça ne serait pas pire après qu'avant et que si c'était pire on ferait avec.
A chaque coucher de soleil on scrutait le ciel rougeoyant en se demandant si demain il y aurait un demain, des kalachnikov au pied du sapin de Noël, du Bécame à la téloche, des amis qu'on connait pas sur Tronchebook, des S.K. aux finances, des gondoles sur la Tamise ou des printemps à Venise ou l'inverse, des noyaux dans les centrales nucléaires, des prothèses dans les sous-tifs, des bébés dans les congélateurs et tous ces trucs indispensables qui faisaient que la terre ne tournait plus vraiment rond mais qu'on constatait chaque matin.
Au jour J pour les francophones, au D day pour les anglophones, au tag T pour les teutons, au giorno G pour les Ritals, au yom Y en hébreu et au jour X pour tous les anonymes, chacun empoigna la corde qu'il avait dû tresser et arrimer dans un axe Nord-Sud selon les directives du F.M.A , le Fonds Mondial Anarchique.
Les marchands de chanvre et de boussole - les poches pleines - avaient quant à eux gagné les îles Caïman au plus vite.
On dû attendre que tous les suicidaires aient terminé de se pendre à leur propre corde et que les perfectionnistes en aient fini avec leurs noeuds.
Le vieil Itzhak écopa de la lourde tâche de donner le Signal, ce qui prouve une fois encore que dans certaines circonstances il vaut mieux fermer sa boîte...
Les médias mobilisés pour relayer le Signal diffusaient leurs publicités depuis des heures lorsque celui-ci retentit! Un cri effroyable dont les milliards d'écho renvoyés par les portables ébranlèrent la planète avant même qu'aucun n'ait commencé à tirer sur sa corde...
"Tirons-nous!!!"
Le message était ambigu et ceux qui ne fuyaient pas tiraient en tous sens comme des bêtes prises au piège. Il s'ensuivit un désordre indescriptible à tel point que je ne veux même pas en parler.
Quand l'ordre revint - c'est à dire quelques semaines plus tard - la planète était devenue un énorme sac de noeuds, un peu comme avant mais avec plus de noeuds encore. L'excédent de noeuds fut baptisé Crise Mondiale.
Le vieil Itzhak fut jugé responsable de la Crise Mondiale et condamné à perpette à défaire les noeuds.
Le roi du monde continua de régner en anarchiste notoire et les gondoles à gondoler au printemps sur les canaux de la Tamise... ou l'inverse.
Terrible ! !... j'adore ... "tirons nous", le sac de noeuds et les gondoles sur la Tamise et...
RépondreSupprimerJ'ai bien rigolé et ça vaut un steak !
; bravo !
Pas trop compris, mais j'ai la tête en vacances. Le reste du temps, je suis sans doute un peu trop noeud-noeud... Oh well. ;-)
RépondreSupprimerPeut-être, qu'on n'aurait pas dû laisser les médias relayer le signal ! Et Pauvre Itzhak, il doit avoir l'estomac noué, du coup ! J'ai bien ri aussi :-)
RépondreSupprimerBelle tentative ! Bon ça va, ce n'est pas pire qu'avant ! ;o)
RépondreSupprimerMaintenant il te reste la semaine pour défaire les nœuds.
Joli texte, Vegas