Ma
chère Joye,
Je
te remercie pour ton invitation. Mais, avec regret, cette année, je ne pourrai
pas te rejoindre sur les lieux de notre enfance. Je te remercie aussi pour la photo que tu as glissée dans
l’enveloppe. J’ai souri, heureuse de voir que les maisons n’avaient pas changé
et que celle de mes parent avait gardé son joli rose. Ah ! Ce rose, quel
souvenir ! Te souviens-tu du pari fou de nos pères ? Ma mère enceinte
et mon père, certain de son fait, disant au tien :
-
J’te
parie que c’est un garçon, si je gagne tu peins ta maison en bleu, si je perds
je peins ma maison en rose.
-
Pari
tenu, avait répondu ton père en riant.
Et
Adeline était née ! Je revois nos pères entrain de repeindre la maison en
rose et nos mères impatientes de voir le résultat. Que de rires ! Comme
j’aurais aimé me joindre à toi.
Mais,
je ne désespère pas et je pense pouvoir venir l’année prochaine.
Certes,
je me revois le jour de mon licenciement, effondrée, mon solde de tout compte à
la main, ressassant le temps passé dans ce bureau et cette impression d’avoir
tant donné pour pas grand chose. Mais j’étais décidée à me battre, à avancer et
souvent, je pensais à ton grand-père et
à cette citation qu’il se plaisait à nous répéter : «Le secret du
changement, c'est de concentrer toute son énergie non pas à lutter contre le
passé, mais à construire l'avenir. » Alors, forts de cette devise, avec Paul, mon boulanger
de mari, nous avons choisi de nous construire une autre vie, de devenir nos
propres patrons. Nous avons cassé notre tirelire et ouvert cette petite
boulangerie bio dont nous rêvions tant. Une
nouvelle aventure s’offre à nous, tout
semble bien se présenter, et nous ne pouvons, pour le moment, fermer boutique.
Je sais que tu ne me tiendras pas rigueur de ma petite entorse à nos habitudes.
Mais, j’y pense, peut-être, cette année
pourrais-tu venir chez nous. J’aimerais tellement te voir. J’attends de tes
nouvelles avec impatience.
Je t’embrasse
bien fort, ma Joye.
Anne-Marie.
OH, Anne-Ma !! Tu es la reine des belles lettres, je t'assure. On y voit ton grand coeur, et même si je ne suis pas la "Joye" de la lettre (il ne faut jamais confondre !), ta lettre me fait penser à la douce jeune femme qui est venue boire un café avec moi un beau matin avant de faire des kilomètres pour se rendre au boulot. La même qui m'a fait une belle réception à la gare de sa ville !
RépondreSupprimerExcellentissme, et excuse-moi si je fais une coquille, les Kleenex sont dans l'autre salle.
Merci pour ce beau texte.
Je suis vraiment émue par ton commentaire. Merci beaucoup à toi, Joye. :-)
SupprimerIl fallait y penser et tu y as pensé...
RépondreSupprimerVoilà une belle histoire d'amitié qui fait fi du temps et des distances et en plus, on sent la délicieuse odeur du pain frais quand on ouvre l'enveloppe.
Vraiment très joli, Anne-Marie!
Merci beaucoup, Epamine. :-)
SupprimerAllez Joye répond oui.... Ah quel pari que celui-là... Bien joué Anne-Marie...
RépondreSupprimerMerci beaucoup Jill :-)
SupprimerBeaucoup d'émotion dans ce texte, Anne-Ma !
RépondreSupprimerLa prose est magnifique quand tu parles avec ton cœur.
Merci beaucoup à toi, Sklabez :-)
SupprimerCe magnifique texte d'amitié, vous avez remarqué... il est bon comme le pain !
RépondreSupprimer;-)
:-) - Merci beaucoup Joe.
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