Comme chaque
année à l'arrivée du printemps sa mère lui confectionnait une nouvelle tenue
qui, selon la règle instituée par elle même et à laquelle quoiqu'il arrive on
ne dérogeait pas, s'étrennait pour la messe des Rameaux.
Ce jour là, qu'il pleuve ou qu'il vente, c'était dit, on
rangeait la tenue d'hiver pour celle de printemps.
Elle revêtit une jolie robe en vichy de nylon à gros
carreaux jaunes et blancs, petites manches ballons et jupe froncée
virevoltante. Le mistral sévissant depuis plusieurs jours, elle fut contrainte
à regret de cacher le haut de sa robe par un gros gilet de laine blanche
assorti aux chaussettes, chaussures et diadème posé sur ses
ondulations-bigoudis-maison.
Un renouveau qui redorait chaque année son timide
narcissisme.
Les obligations dominicales, le repas familial achevés, elle
se hâtait de descendre au sous-sol récupérer le vélo maternel et l'enfourchait
pour aller rejoindre Georgette dans les bureaux de l'EDF interdits aux enfants.
Debout sur les pédales, la selle appuyée contre son dos, le
guidon à bout de bras, elle montait et descendait avec frénésie suivant la
rotation du pédalier en longeant la voie du chemin de fer, le jupon de la robe
virevoltant.
Elle s'imaginait déjà en secrétaire pianotant sur les
claviers des machines à écrire jusqu'au tintement qui indiquait la fin de la
ligne, décrochant les téléphones et griffonnant sur l'envers des listings.
Enthousiasmée elle accéléra la cadence,quand brusquement
elle ressentit un brusque tiraillement côté droit du jupon instantanément suivi
d'un sec déchirement. En découlèrent quelques embardées afin d'éviter à nouveau
le barbelé qu'elle avait rencontré, sans conséquences aggravantes heureusement.
Adieu ! veau, vache, cochon, excitation, ivresse,
insouciance ... aucun doute, la robe jaune avait un bel accroc et elle allait
devoir rendre des comptes à la patronne en rentrant.
Elle poursuivit son chemin imaginant la manière avec
laquelle elle allait pouvoir expliquer son malencontreux accident... elle
accuserait un chat roux d'avoir traversé le chemin, se repentirait, pleurerait,...
ça, elle savait bien faire ... puis décida d'oublier... après tout ce soir elle
s'en souviendrait forcément !
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| Photo ici |

Santoline, c'est sublime ! Ta description est tellement bonne, je vois tout...la robe, le vélo, l'accident...c'est goûteux et j'adore. BRAVO !
RépondreSupprimerRavie que tu sois de retour et avec brio !
Merci Joye !
RépondreSupprimerLa police est-elle pour les mal voyants ??
:))
Est-ce trop grand ? Je peux la changer si tu veux.
Supprimer♫ Et maintenant qu'est-ce que tu en dis ? ♫
Supprimer(sing it, Gilbert !)
J'en dis merci 2 fois Joye !... c'est plus esthétique, désolée pour les miros ;)
SupprimerPas de problème, j'aimerais qu'on soit content ici !
SupprimerJe suis trop égalitaire, je ne voulais pas que la police de ton texte soit plus petite que celle des autres participants. ;-)
Perrette, elle doit se prénommer ainsi, la pauvre, merci Santoline... clin d'oeil de JB
RépondreSupprimerElle en a vu d'autres Perrette !!
Supprimer;)
... Ce récit, de La Fontaine, fut mesuré à l'aune.
RépondreSupprimerOn l'appela "Le Vichy jaune"!
Sourire d'Ep'
Lucky Luke avait "des barbelés sur la prairie" et là, carrément, ils envahissent la route ? Il faut pédaler plus vite que son ombre alors ? ;-)
RépondreSupprimerJoli récit d'autrefois (ben oui, ça fait longtemps qu'on ne porte plus de Vichy, surtout moi !).
Lucky Luke avait "des barbelés sur la prairie" et là, carrément, ils envahissent la route ? Il faut pédaler plus vite que son ombre alors ? ;-)
RépondreSupprimerJoli récit d'autrefois (ben oui, ça fait longtemps qu'on ne porte plus de Vichy, surtout moi !).
Pfffff ! c'était pas une invasion, c'était un morceau de clôture abimée qui dépassait !... pis c'était pas autrefois, j'ai encore vu BB avant hier avec une robe comme celle là (sauf les manches... elle avait pas les ballons au même endroit) :))
SupprimerBon, je sors... bonne soirée
C'est une bien jolie robe (les autres modèles aussi, ont-ils aussi une histoire?) - Et je vois très bien la course à vélo, au printemps... La chute, l'accroc...
RépondreSupprimer(Pivoine)
La robe est semblable mais j'ai emprunté la photo sur un site qui n'ai pas le mien...
SupprimerOH !!!... qui n' EST pas le mien
SupprimerOui, si tu cliques sur le "ici", le lien nous amène au site d'anne couture, tel que tu le donnes sur ton blog à toi.
SupprimerJoli texte ! Je m'y vois et étonnamment, ça me rappelle quelques souvenirs (les habits d'hiver qu'on range, le vélo...) - Bravo Santoline :-)
RépondreSupprimer"Debout sur les pédales, la selle appuyée contre son dos, le guidon à bout de bras, elle montait et descendait avec frénésie suivant la rotation du pédalier" Et ça c'est du vécu, j'en mets ma tête à couper... sinon tu n'aurais pas trouvé ces mots pour nous le raconter ;-)
RépondreSupprimerEn fin de compte, le barbelé n'y est pour rien, il s'est juste fait agresser par une cycliste. Difficile de garder sa ligne quand on a un vélo bien trop grand pour soi, hein Santoline !