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Plouf ! par Jill-Bill

Pas dans mon assiette
Mon état normal
Le moral
Dans les chaussettes
Envie d'en finir, sur ce pont
Avec mes jours
Mes appels au secours
En filigrane, à quoi bon...
Rien vu d'anormal
Diront les braves gens
Nez sur leur nombril
Ainsi soit-il
Chacun sa croix, ses tourments
Et Dieu pour tous, génial !
Tout ce que tu ne sais pas donner
Te possède... Faut-il posséder pour donner...
Je joue à faire semblant
En espérant
Que demain passe
La mauvaise passe...
Mais non, je m'enlise
Envie d'en finir, sur ce pont
Sauter, un plouf, et au fond
Couler, quoi quoi quoi l'église...
Oui j'ai perdu la foi, usée étole,
En mon riche prochain
Dignitaires, indignes, jurant la main
Sur le coeur, paroles et paroles...
Cette grisaille
Me donne plus de courage
Personne pour me décourager, pas un visage
Pour me retenir, vaille que vaille...

Plouf !

Mademoiselle de... par Jill-Bill

Elle rêvait d'un tour en zeppelin 
Je n'avais que quatre sous 
Pour un tour de grande roue 
Et nous envoyer en l'air... Oh m'enfin ! 
Elle rêvait de Tour d'Argent 
Je n'avais pas un radis 
Elle rêvait d'une bague au rubis 
Soyons franc, je n'avais pas le franc... 
Elle rêvait de faire sa noce 
A Venise, bien entendu 
Soupir, je n'avais pas l'écu 
Maubeuge et sa lune... Oh atroce !! 
Sous parapluie 
Elle me confia un soir d'automne 
Pluvieux et sans personne 
La liste de ses envies... 
« Appréciez les choses qui sont plaisantes ; 
Ce n'est pas le mal : 
Il est la réduction de notre individu moral 
A l'esclavage par eux qui l'est ! » 
Lui lançais-je en poète 
Ce tour à votre bras 
Est pour moi 
Comme un arc-en-ciel, une fête... 
Chez Eugène allons 
Par le tram 33 
Manger des frites avec les doigts 
Un Brel y chante, pas mal, dit-on... 
Fiançons-nous d'un baiser 
Marions-nous dans une guinguette 
En mai et ses clochettes 
Ca porte bonheur le muguet... 
Au nez elle me ria 
Mademoiselle de la Haute, fille de mon directeur 
Nous en restâmes-là, moi et mon coeur 
Torchon et serviette ne se mélangent pas... ! 
Cette leçon vaut bien un rhume 
Et avec une Marinette de l'usine 
Allaient nos dimanches à la sardine 
Et en boîte, sans qu'elle me plume... 

Coucou, beuh ! par Jill-Bill

Dans la Mongolie 
Un mongole lit 
Au creux de sa yourte traditionnelle 
Sa maison de nomade perpétuel 
Les propos d'un moine tibétain, 
(Tintin 
Un jour au Tibet 
Approuverait...) 
« L'harmonie invisible 
Est plus belle que la visible. 
La nature aime se cacher... » 
Tel ce sciuridé 
Filou 
Au panache roux 
Agile et belliqueux 
Si on touche grand dieu 
A son gland, à son chêne 
A qui il s'enchaîne 
Pour la vie ma parole 
Sentimental arboricole... 
« L'avez-vous vu bûcheron dites... ? » 
« Oui je l'ai vu l'ami Héraclite... !   
Nez en l'air dans ma balade 
Il m'a fait une oeillade 
Et aussitôt s'est enfui 
A la cime qui touche au paradis 
Me jetant cupule à la tête 
Arme redoutable de la bête... » 
Chacun ici bas son territoire 
Alors défense d'y voir 
De la bière de ce tronc 
C'est son logis à ce p'tit démon... 
Le bois de sapin 
Fera l'affaire pour le père Martin 
Décédé à sa table 
D'une omelette impardonnable !

Bonne nuit, mâdame par Jill-Bill



L'hiver nous glace ma foi
Le lac a pris un coup d'froid,
La cantatrice chauve aussi,
Elle éternue au fond du lit
Se soigne au xérès, olé,
Sherry pour les anglais... !
Les cygnes se cachent, sans ire
Les oiseaux se cachent, pour mourir...
La cantatrice se fait entendre, elle
A son chevet armada de personnel
Et Eugène son médecin
Aux p'tits soins
Rapplique à chaque atchoum...
Atchoum !
Effet boule de neige,
Le voici pris au piège
De la Bianca capricieuse
Voire monstrueuse
Perdant contrats juteux...
Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux... !
Une bonne dose de somnifère
Dans le vin qu'elle préfère
L'enverra au diable, dame...
Et son toubib aux anges, bonne nuit Mâdame !